| La Pauvreté |
| Nombre de pauvres en France |
Personnes :
9,2 millions en 2018 (contre 8,8 millions en 2017) (+ 400 000 en 1 an) (Chiffres : France Inter 26/11/19)
En 2020, avec la crise du Covid : 1 million de personnes en plus ont vu leurs revenus diminuer ou disparaître.
Enfants :
3 millions d'enfants de moins de 18 ans (1 sur 5) vivent dans la pauvreté.
Les plus touchés sont les moins de 3 ans et les 15-18 ans.
(Chiffres : INSEE, Pauvreté-France, portrait social 19/11/2019)
Jeunes
52 % des pauvres ont moins de 30 ans.(Chiffres : UNICEF Dossier Pauvreté des enfants en France)
En 2018, plus de la moitié de ceux que les Restos du Coeur ont aidés avaient moins de 26 ans (dont 40 % de mineurs avec leurs parents) (Chiffres : France inter 26/11/2019).
20 % des étudiants (1 sur 5) vivent en dessous du seuil de pauvreté (2019).
Personnes fréquentant les Restos du Coeur
En 2018 : 80 % des personnes accueillies vivaient avec moins de 513 € par mois (soit moitié du seuil de pauvreté).
| Qu'est-ce que la pauvreté? |
La pauvreté concerne tous les « ménages » dont le revenu est en dessous de 50 ou de 60 % du revenu français médian.
Le revenu médian correspond au revenu que l'on a quand la moitié des Français gagne plus et l'autre moitié gagne moins.
En 2016 (dernières statistiques de l'INSEE(1), le revenu médian pour un seul individu était de 1789 € par mois.
Le seuil de pauvreté était alors de :
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- 894 € pour un seuil calculé à 50 %
1 - À quoi la pauvreté est-elle due?
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- fragilité économique (divorce, séparation, faibles salaires, retraite insuffisante, emplois précaires (petits boulots), chômage…)
- précarité sociale (perte des liens avec sa famille, ses amis, repli sur soi, sur les enfants)
- difficultés psychologiques (liée à une séparation, une dépression, une perte de confiance en soi…)
- difficultés pour s'insérer dans le monde professionnel (jeunes)
2 - Comment en travaillant peut-on se retrouver pauvre?
Un travailleur pauvre est une personne qui travaille mais dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté.
Avoir un emploi ne protège pas de la pauvreté. En 2017 :
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- 1,2 million de personnes qui travaillaient vivaient avec moins de 883 euros par mois
- et 2,1 millions avec moins de 1060 euros. (Chiffres 2017 : Observatoire des inégalités, 05/01/2021)
Pourquoi, alors qu'il existe un salaire minimum (1200 euros par mois) et des allocations, peut-on se retrouver sous le seuil de pauvreté ?
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- salaire très faible : emploi à temps partiel ou par intermittence (57 % des salariés au Smic travaillent à temps partiel et 15 % en contrat à durée déterminée ou en intérim).
- rémunérations inférieures au Smic horaire : apprentis, mineurs, animateurs de centres de vacances, assistantes maternelles…
- revenus mensuels moyens très faibles : une partie des indépendants (et des auto-entrepreneurs)
- 1 seul emploi dans un ménage pour faire vivre une famille
(1) INSEE : Institut national de la statistique et des études économiques. Organisme officiel chargé de recueillir et d'analyser toutes les informations sur la société et l'économie. Il dépend du ministère de l'Économie et des Finances.
| Evolution |
La pauvreté a augmenté de 23 % entre 2002 et 2018 (Chiffres : Observatoire des inégalités, 26/11/2020)
Cette augmentation s'est accélérée depuis 2012, alors que pendant toute cette période le niveau de vie médian n'a pas bougé.
Depuis 20 ans, toutes les politiques économiques (LR, PS, LREM) ont échoué.
Au nom de la lutte contre le chômage et la pauvreté, on a :
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- baissé les impôts de certains, (mais pas la TVA que tout le monde paie)
- baissé le coût du travail (en gelant les salaires)
- exonéré les entreprises de cotisations sociales (allocations familiales, assurances maladie, maternité, vieillesse) pour les salaires jusqu'à 1,6 fois le SMIC > décision de François Fillon (LR) en 2011.
Résultat : cela n'a pas créé plus de travail
| Mais : |
- a favorisé le développement des emplois mal payés, précaires et flexibles,
- a augmenté la dette de l'État => tous les présidents élus ont choisi de faire des économies pour la rembourser (SARKOZY LR/ Les Républicains, HOLLANDE PS/Parti Socialiste, MACRON LREM/La République En Marche) => suppression de postes de fonctionnaires, des contrats aidés, diminution d'aides (APL, indemnités Chômage…)
Entre 2008 et 2018, le niveau vie des 10 % les plus modestes a diminué de 11 % - si on ne prend pas en compte les prestations sociales
Seul notre système de protection sociale(1) a permis d'éviter une crise majeure. Grâce aux allocations versées aux ménages les plus modestes : prime pour l'activité, allocations familiales, aides au logement.
En 2018, sans cette protection : 22 % des Français seraient tombés dans la pauvreté (1 personne sur 4 ou 5) au lieu des 13,6 % (1 personne sur 7) constatés cette année-là.
(Chiffres : SDRESS, Service des statistiques économiques et sociales de l'INSEE + France Inter 21/06/18)
| Pourtant, malgré ces aides sociales : |
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- le nombre des plus pauvres dans la population pauvre a augmenté, passant de 12,5 % à 13,4 % (Chiffres : Eurostat, organisme européen officiel de statistiques)
- le nombre de personnes touchant le RSA (545 euros) est resté le même entre 2017 et 2019 (un million 800 000 foyers) malgré l'amélioration de la situation économique
(1) Système de protection sociale français = Ensemble de mesures prises à partir de la Libération (1944) par les Résistants pour mieux protéger les Françaisy des inégalités et des difficultés de la vie (sécurité sociale + retraites + assurance chômage + allocations familiales + aide au logement + bourses d'études + lutte contre l'exclusion…)
| Manquer d'argent, c'est : |
| Etre privé de logement |
300 000 personnes n'ont pas de logement fixe (2021)
Parmi elles, 1/4 travaillent.
1/4 vivent avec des enfants
20 % sont des mineurs (Chiffres : UNICEF Dossier Pauvreté des enfants en France)
SDF (Sans domicile Fixe)
La dernière enquête de l'Insee (organisme officiel) date de 2012 : on comptait alors 143 000 « Sans Domicile Fixe » dont 30 000 mineurs et enfants.
Le Samu social de Paris héberge chaque soir 20 000 enfants en logement d'urgence hôtel.
Le manque de logements d'urgence, leur vétusté, l'insécurité qui y règne font que beaucoup de SDF n'appellent jamais à l'aide le Samu.
En 2019 : 495 sans abri sont morts dans la rue (683 en 2018).
Entre 70 000 et 120 000 personnes vivent dans un camping à l'année
Précaires et victimes d'accidents de la vie après la perte de leur logement, après un hébergement chez des amis ou dans leur voiture.
Il s'agit de femmes seules avec enfants, d'anciens SDF, de gens âgés ayant perdu leur emploi.
Mais aussi des personnes insérées, mais dans une situation fragile ou difficile : jeunes (travailleurs précaires ou étudiants), ouvriers se déplaçant de chantier en chantier régulièrement…
« La première bataille : loger tout le monde dignement (…) D'ici la fin de l'année (Noël 2017), je ne veux plus personne dans les rues, dans les bois. Il faut progressivement supprimer toutes les formes d'hébergement précaire. Si on amé-liore cet accueil, l'intégration se fait plus vite » Emmanuel Macron, 27 juillet 2017
(Info : La République du Centre + CNews 27/07/2017)
| Etre mal logé |
4 millions de personnes (2022, parmi elles :
a) 1 million sont privées de logement personnel :
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- 600 000 vivent chez quelqu'un d'autre,
- 143 000 dans la rue (chiffres de 2012),
- 91 000 occupent des habitations de fortune (caravanes, mobile-home…)
- et 25 000 sont à l'hôtel ou en centre d'hébergement (maisons + logements)
b) 3 millions vivent dans un logement difficile
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- absence d'eau courante ou de sanitaires à l'intérieur du logement
- pas de chauffage ou rien pour préparer les repas
- logement beaucoup trop petit et donc surpeuplé
(Chiffres : fondation-abbe-pierre, 27e rapport sur l’état du mal logement, 24/01/2022 + UNICEF Dossier Pauvreté des enfants en France)
| Etre privé de chauffage |
Logements mal isolés (en 2019) : 7,5 millions (catégorie F et G)
a) Précarité énergétique : 7 millions de personnes (Chiffres : Rapport Oxfam 21/01/2020)
Comparé à 2006, 44 % de Français supplémentaires évitent de se chauffer
Dans le même temps (entre 2006 et 2016), la hausse (moyenne) de la facture d'EDF a été de + 37 %
b) Avoir des difficultés pour payer tous ses loyers ou ses charges.
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- 1,2 million de locataires sont dans ce cas, mais aussi 1,1 million de propriétaires vivant dans une copropriété en difficulté ou fonctionnant mal.
- Augmentation des loyers dans les grandes villes : en 1 an (2019-2020) :Rennes : + 6 % / Nantes : + 4,4 % / Strasbourg : + 3,2 % / Toulouse : + 2 % . À Paris : studio non meublé = 822 euros/mois
(Chiffres : Capital 28/08/2020)
Au total, tous chiffres cumulés, 14 620 000 personnes sont en France en situation de fragilité face au logement (22 % de la population, soit 1 personne sur 5)
(Chiffres : Rapport de la Fondation Abbé Pierre + journaux « Le Parisien » et « Le Monde », janvier 2020).
| Etre privé de nourriture |
1 Français sur 10 est obligé de sauter des repas
38 % des plus précaires sont dans ce cas (Chiffres : Le Parisien, 30/09/2020)
| Manquer d'argent, c'est : (suite) |
| Renoncer à se soigner |
Renoncer à se soigner faute d'argent a fortement diminué grâce à l’introduction du « reste à charge zéro »
Pourtant, en 2018 : 30 % des Français ont renoncé à se faire soigner au cours 12 derniers mois (ouvriers : 41% / jeunes de moins de 35 ans : 36%)
Causes : Pour la moitié > raisons financières : pas les moyens d'avancer, dépassements d'honoraires, mutuelle insuffisante, éloignement géographique (ruraux)…
(Chiffres : Quotidien du médecin, 09/10/2018)
| Avoir une espérance de vie plus courte |
Exemple : pour les garçons nés dans les années 2010 :
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- 85 ans pour les 5 % les plus aisés
- 72 ans pour les 5 % les plus pauvres (= 13 ans de moins)
(Chiffres : UNICEF Dossier Pauvreté des enfants en France)
| Ne pas pouvoir accéder au savoir et à la culture |
8 000 enfants vivent dans des bidonvilles et souvent ne sont pas scolarisés
(Chiffres : UNICEF Dossier Pauvreté des enfants en France)
| Etre exclu |
Ne pas demander ou ne pas toucher les aides auxquelles on a droit par manque d'information, absence d'aide, complexité des démarches, découragement… (= appelé « non-recours »)
C'est le cas pour :
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- 36 % des personnes ayant droit au RSA (Revenu de Solidarité Active) en 2016
- entre 57 % et 70 % des personnes ayant droit à l'Aide Complémentaire (= mutuelle à prix réduit pour les personnes à faibles ressources) en 2016
- entre 21 % et 34 % pour la CMU (Couverture Universelle Complémentaire (= mutuelle totalement gratuite pour les plus modestes) en 2016
- 27 % pour la Prime d'activité (= complément de revenu versé pour un salaire inférieur au Smic) en 2017
(Chiffres : Rapport d'information sur l'évaluation des politiques publiques en faveur de l'accès aux droits sociaux, députés : Gisèle Biémouret, Jean-Louis Costes, 26/10/2016 + rapport Direction Générale de la Cohésion sociale, 2017)
Être exclu d'Internet (faute de téléphone, d'ordinateur ou d'argent pour payer l'accès à Internet) :
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- En 2018, 30 % de la population n'avaient pas accès au numérique et à Internet
- 13 millions de Français étaient éloignés du numérique et 6,7 millions n'utilisaient pas Internet
(Chiffres : vie-publique.fr, 01/07/2019)
Et donc :
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- ne pas pouvoir accéder aux services publics (impôts, permis de conduire, carte grise, chômage, CAF, rendez-vous médicaux, école…) > 100 % des démarches administratives se feront en ligne en 2022 (décision d'Emmanuel Macron en 2017)
- ne pas pouvoir communiquer avec sa famille, ses amis (et être encore plus isolé)
- ne pas pouvoir accéder à tout ce qu'on y trouve (informations, distractions, culture, adresses…)
| Avoir peu de chances de sortir de la pauvreté |
- En 2015, 2 personnes sur 3 en situation de pauvreté en France l'ont été au moins 3 ans durant les 4 années précédentes (Chiffres : Eurostat, organisme européen officiel de statistiques)
- 1 jeune sur 4 issu d'une famille dont les parents sont sans diplôme et pauvres sort souvent lui-même de l'école en situation d'échec. En France 16 % des jeunes de 15 à 34 ans ne sont ni à l'école, ni en emploi, ni en formation (8 % en Suède) (Chiffres 2015 : UNICEF Dossier Pauvreté des enfants en France)
| A chaque crise économique, devenir encore plus pauvre, comme avec la Covid |
Pendant les 2 mois du confinement (mars à mai 2020) :
- 1 270 000 personnes ont demandé l'aide du Secours populaire (contre 3,3 millions tout au long de l'année 2019). Parmi elles, 45 % n'avaient jamais eu recours à l'association (Chiffres : Secours populaire + La Marseillaise, 01/10/2020)
- Fin 2020 : 2 millions de foyers touchaient le RSA (Revenu de Solidarité Active) = augmentation de 7,5 % en 1 an (Chiffres : Ouest-France, 26/02/2021)
| Les propositions de l'Union Populaire |
| 1 - Plan personnalisé contre la pauvreté |
Prise en compte de la situation réelle des gens (revenus, état de santé, insertion professionnelle, logement…)
| 2 - "Garantie dignité" : aucun niveau de vie en dessous de 1063€ par personne |
- Revaloriser les minimas sociaux + retraites (aucun niveau de vie en dessous du seuil de pauvreté)
- Augmenter les salaires (smic à 1400 €) + stopper la précarité des emplois
- Aider les ménages surendettés : renégocier, réorganiser les emprunts + garantir à tous l'accès réel aux services bancaires de base + plafonner les frais bancaires.
- Atteindre véritablement l'objectif de zéro sans-abri : chacun doit se voir proposer un hébergement d'urgence ou un logement et un accompagnement durable
| 3 - Généraliser la gratuité |
- Gratuité des quantités d'eau, d'électricité et de gaz nécessaires à une vie digne
- Interdire les coupures pour impayés pour les ménages en difficultés financières
| 4 - Ne laisser personne isolé |
- Droit au secours immédiat (chèques alimentaires alimentaires mensuels d'urgence délivrés à tous les foyers en difficulté…)
- Lutter contre le non-recours aux droits sociaux et civiques (aide par des volontaires nationaux + services publics pour vérifier ses droits sociaux)
- Simplification des démarches et des critères pour faire valoir ses droits (aides, allocations, RSA)
et financement du RSA par l'État
| 5 - Garantir le droit effectif au logement |
- Interdire les expulsions locatives sans relogement
- Construire 200 000 logements publics par an pendant 5 ans aux normes écologiques
- Mise en place d'une garantie des loyers pour favoriser l'accès de tous au logement par l'intermédiaire d'une caisse de solidarité alimentée par les bailleurs (comme le défend la Confédération Nationale du Logement)
- Plan de suppression des logements insalubres, de renouvellement urbain et de construction de logements sociaux + renforcer les sanctions des communes refusant d'accueillir de l'habitat social + mettre un impôt sur les hautes transactions immobilières par une taxe progressive + soutenir les projets d'habitat participatif et coopératif.
| 6 - Lutter contre la pauvreté et l'exclusion à la racine |
- Investir dans l'enfance pour les familles les plus modestes (accès aux crèches + cantine + apprentissage + savoirs + culture + santé)
- Soutien des jeunes (financier + formation + autonomie)