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Catégorie : Gestion etat
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 4 - Les politiques économiques : pas si facile!

 

 

 La  banque centrale tente d'augmenter la dépense des ménages par les crédits

 

Pour compenser la faiblesse des revenus des ménages les moins aisés, les banques leur font crédit afin qu'ils consomment plus et favorisent ainsi le retour au plein emploi.

Effectivement, ces prêts permettent de retrouver une situation de croissance sur une courte période : la capacité de dépense des ménages les plus pauvres redevient importante. Et la part du revenu de l'ensemble des ménages consacré à la consommation augmente.

Avec notre précédent exemple, si l'ensemble des ménages retrouve une consommation en moyenne de 85 % de leur revenu, la situation de l'économie se stabilise jusqu'à sa capacité de production maximale en plein emploi.

La capacité de production en situation de plein emploi sera de 110 unités. Avec un prix moyen à la vente stable à 10 €, le résumé donne :

Masse monétaire

Dépenses

Production en fin de période pour répondre à la demande globale

consommation

investissements

1 100,00 €

935,00 €

165,00 €

(850 + 150)/10 = 110

 

Cette politique économique a été promue par la banque centrale des États Unis jusqu'en 2004.

Cependant, prêter à des ménages dont les revenus sont faibles ne modifie pas la répartition des revenus et tôt ou tard, la capacité de remboursement de ces ménages sera dépassée. De plus, aucun autre changement structurel des États Unis n’accompagnait cette reprise.

En conséquence, les banques vont prêter toujours davantage pour maintenir un niveau élevé de dépenses jusqu’à atteindre des ménages aux capacités de remboursement de moins en moins fiables.

Aux États Unis, l'endettement immobilier des ménages a augmenté de + 50 % (1) de 1998 à 2006.

Les banques ne pouvaient plus être remboursées par leurs clients : elles ont fait faillite.

Cette politique a provoqué la crise dite des « subprimes »(2) en juillet 2007 aux États Unis. Elle s'est propagée et généralisée au monde entier pour devenir la « crise économique mondiale financière de 2008 »(3).

En conclusion, une politique monétaire seule est insuffisante car elle ne résout ni la modification de la répartition des revenus ni la restructuration de la production vers une trajectoire utile, durable et soutenable.

(1) « Les petits et les gros profiteurs de la crise : Sam' suffit plus », Le Canard Enchaîné,‎ juillet 2009, p. 20-21

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_des_subprimes

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_économique_mondiale_de_2008

 


 

 Les états tentent de redistribuer les revenus

 

Un autre voie vise à rétablir une répartition des revenus entre les ménages favorable au bon fonctionnement de l’économie.

La plupart des États pratiquent cette politique ;

Il s'agit d'imposer les ménages de manière progressive sur leur revenu ; plus le revenu d'un ménage est important, plus il sera imposé.

Associé à des prestations de service gratuits (santé) et des prestations sociales soumises aux plafonds de revenus (allocations logement), cela permet aux ménages les moins riches de consacrer leurs revenus pour d'autres dépenses.

 pol eco 1

Cette politique se heurte cependant à de nombreux obstacles :

Tout d’abord, une difficulté politique : il faut convaincre des ménages riches qui ont le sentiment d’avoir mérité leur revenu de payer plus d’impôts en proportion que les autres ménages.

Ensuite, une difficulté technique : Pour imposer les ménages sur leur revenu, encore faut il pouvoir évaluer ce revenu.

La fraude fiscale

Si cette évaluation est aisée pour des salariés ; il n'en va pas de même pour les autres professions.

Les études sur la fraude fiscale sont rares, parfois anciennes, mais très claires.

La fraude fiscale s'élèverait à 50% du revenu des non-salariés ; professions artisanales, commerciales et libérales. De même pour les très petites entreprises, en dessous de cinq salariés, la fraude fiscale représenterait encore une part importante du revenu du gérant(1).

En France, ces catégories professionnelles représentent 20 % de l'emploi total et leurs revenus estimés sont 50% plus élevés que ceux des salariés(2).

De plus, la libre circulation des capitaux permet :

 pol eco 2

 

 pol eco 3

En conclusion, la redistribution des revenus n'est pas aussi efficace qu'escomptée en raison de la fraude fiscale.

 

(1) Centre d'étude des revenus et des coûts : article du journal Le Monde

(2) "Des revenus d’activité bien plus dispersés pour les non-salariés que pour les salariés", Insee Focus N°213, octobre 2020

(3) Wikipédia : Panama Papers ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Panama_Papers
 
Pandora Papers ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Pandora_Papers ; Le Monde « Pandora Papers » : une onde de choc mondiale

(4) https://www.france.tv/france-2/cash-investigation/378117-produits-laitiers-ou-va-l-argent-du-beurre.html

 


 

 La préférence des états pour le déficit public

 

C'est pour ces deux raisons que les États préfèrent compenser l'insuffisance de dépense des ménages et des entreprises par le déficit public : il ne gonfle pas artificiellement l’endettement des ménages et contourne la difficulté à lever un impôt juste et équitable.

Voici une illustration de ce mécanisme en reprenant notre exemple de dépense de consommation insuffisante : lorsque les ménages ne consomment que 84 % de leur revenu et que les entreprises investissent 165 €.

Pour rappel :

Masse monétaire

Dépenses

Production finale

Taux de chômage

consommation

investissement

1 030,00 €

865,00 €

165,00 €

Avec un prix moyen stable :
1030/ 10 = 103

(110 – 103)/110
= 7 %

 

Pour atteindre une situation de plein emploi, le déficit public doit augmenter les dépenses globales pour atteindre une production de 110 unités ; soit avec un prix moyen stable de 10 euros, une masse monétaire de 1 100 €. La situation s’équilibre(1) avec un déficit public de 11 € :

Masse monétaire

Dépenses

Production finale

Taux de chômage

consommation

investissement

déficit public

1 100,00 €

924,00 €

165,00 €

11,00 €

prix moyen de 10 :
1010/ 10 = 110

(110 – 110)/110
= 0 %

 

Les États pratiquent une politique volontaire de déficit public en vue de compenser une insuffisance des dépenses privées dans l’économie,

L’atonie de la consommation des ménages et des investissement des entreprises n’est pas corrigée.

Sans changements structurels, le retour à une situation d’équilibre budgétaire, d’absence de déficit, renvoie à la situation initiale de croissance faible et de chômage massif.

Les États reproduisent donc tous les ans leur déficit public qui devient permanent et continu.

 

 (1) L’équilibre se calcule par une simple équation : le revenu = consommation + Investissements + déficit public et en remplaçant la consommation par son expression ; la consommation = 84 % du revenu

 


 

 Le cas particulier de la zone Euro : l'impasse de l'endettement.

 

Les États de la zone Euro n’ont pas le droit de financer leur déficit par la création monétaire ; il ne leur reste plus que l’endettement comme ressource.

Voici ci-dessous l’évolution de la dette publique des principaux pays depuis leur entrée dans la zone euro(1) à 2020 :

 pol eco 4

 

Seuls les Pays Bas (NLD) ont stabilisé leur dette publique sur une longue période : Ils ont pu maintenir à un niveau élevé les dépenses des ménages par un endettement privé important : 236% du revenu disponible des ménages(2). Mais lorsque l’on compare l’endettement total de ce pays (ménages, entreprises, État) ; cet endettement est comparable à celui de la Grèce ou de la France (environ 300 % du PIB)(3).

Cet endettement privé des Pays Bas est particulièrement préoccupant car il reproduit l’ancien modèle d’endettement des États-Unis. Celui là même qui avait provoqué la crise des subprimes et la crise économique mondiale financière de 2008.

Si l’on excepte le comportement quasi suicidaire des Pays Bas, aucun État de la zone Euro n’a pu se passer de la dette publique. Même le « modèle » de gestion allemand n’y fait pas exception, petit à petit, inexorablement.

Avec ce recul sur vingt ans, trois constats s’imposent :

 

 

(1) données de l’OCDE : https://data.oecd.org/fr/gga/dette-des-administrations-publiques.htm

(2) publication de la COFACE https://www.coface.fr/Etudes-economiques-et-risque-pays/Pays-Bas

(3) Article du Figarohttps://www.lefigaro.fr/vox/economie/pourquoi-les-pays-bas-n-ont-pas-de-lecons-a-nous-donner-20200423